Nous augmenterons la part des énergies renouvelables, isolerons les bâtiments anciens, mais nous renouvellerons aussi le parc nucléaire. Grâce à la clairvoyance de nos prédécesseurs, nous avons la chance de maîtriser cette énergie déterminante pour le futur car elle ne perturbe pas le climat et garantit en partie notre autonomie énergétique. Ceux qui vous disent qu’ils vont renoncer au nucléaire vous font, au mieux, de fausses promesses, au pire nettent gravement en danger notre indépendance.
Source: point 7 du projet de Nicolas Sarkozy.
25 avril 1986, 13:05 : La puissance du réacteur est stabilisée autour de 1600 MW.
25 avril 1986, 23:10 : La puissance est encore abaissée à 500 MW. Cependant, la puissance de sortie chute brutalement à 30 MW, ce qui provoque un empoisonnement du réacteur au xénon. Les opérateurs essaient alors de rétablir la puissance, mais le xénon-135 accumulé absorbe les neutrons et limite la puissance à 200 MW. Pour débloquer la situation, les opérateurs retirent les barres de carbure de bore, qui servent à contrôler la température du réacteur, au-delà des limites de sécurité autorisées.
26 avril 1986, entre 01:03 et 01:07 : Deux pompes supplémentaires du circuit de refroidissement sont enclenchées pour essayer de faire augmenter la puissance du réacteur. C'est le dernier moment pour arrêter le réacteur et le sauver.
26 avril 1986, 01:19 : Pour stabiliser le débit d'eau arrivant dans les séparateurs de vapeur, la puissance des pompes est encore augmentée. Le système demande l'arrêt d'urgence. Les signaux sont bloqués et les opérateurs décident de continuer.
26 avril 1986, 01:23 : L'essai réel commence. Les vannes d'alimentation en vapeur de la turbine sont fermées, ce qui a fait augmenter la pression dans le circuit primaire.
26 avril 1986, 01:23:40 : L'opérateur en chef ordonne l'arrêt d'urgence. Les barres de contrôle sont descendues, sans grand effet.
26 avril 1986, 01:32:44 : La radiolyse de l'eau conduit à la formation d'un mélange détonnant d'hydrogène et d'oxygène. De petites explosions se produisent, éjectant les barres permettant le contrôle du réacteur. « En 3 à 5 secondes, la puissance du réacteur se voit centupler. »4 Les deux mille tonnes de la dalle de béton recouvrant le réacteur sont projetées en l'air et retombent de biais sur le cœur de réacteur, qui est fracturé par le choc.

Un incendie très important se déclare, tandis qu'une lumière aux reflets bleus se dégage du trou formé.

Il est à noter que les techniciens présents sur place, ainsi que Brioukhanov réveillé à 1h30, ne saisissent pas dans l'immédiat l'ampleur de la catastrophe. Celui-ci appelle le ministère de l'énergie à 4h en déclarant que « Le cœur du réacteur n'est probablement pas endommagé. »»
Source: entrée Catastrophe de Tchernobyl de la Wikipedia francophone.
Le 7 janvier 2004, EDF reconnaissait l’existence d’un grave défaut générique affectant l’ensemble des réacteurs nucléaires français : une anomalie concernant le circuit dit de "recirculation" de l’eau de refroidissement.

Le risque, dans certaines situations accidentelles, est le colmatage des filtres de ces circuits qui seraient alors inopérants, l'accident évoluant alors vers une catastrophe nucléaire. (cf. site de l'Autorité de sûreté nucléaire)

Or, avant même d'être construit, l'EPR présente le même défaut. L'industrie nucléaire française perpétue donc ses erreurs au fil des ans…
Ainsi, dans sa parution Nucleonics Week, du 11 mars 2004 l’agence Platts (première agence mondiale d’information sur l’énergie) rapporte que l’Autorité de sûreté finlandaise met sérieusement en cause la sûreté de l’EPR du fait du risque de colmatage des filtres des puisards du circuit de recirculation ("sump strainer clogging")
Source: extrait du dossier spécial de Sortir du nucléaire.
Depuis 6H30 ce matin, les militants de Greenpeace ont arrêté le chantier de construction d'une centrale nucléaire de type EPR, sur le site de Flamanville.
(...)
Le retrait du décret autorisant cette construction est un des enjeux du second tour. Je demande à Ségolène Royal de confirmer qu'élue le 6 mai, elle n'autorisera pas la poursuite des travaux de ce réacteur ruineux, inutile et obsolète.
Source: Dominique Voynet, 26/04/07
la part du nucléaire sera progressivement abaissée pour faire passer à 20% en 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie. J’estime tout à fait excessive la place du nucléaire dans la production électrique française. Il est donc indispensable de la réduire progressivement, dans des délais raisonnables et de diversifier nos modes de production électrique pour arriver à un bouquet énergétique.

Je déplore que la construction de l’EPR ait été décidée dans la précipitation et sans aucun débat démocratique préalable. Les enjeux n’ont pas été correctement analysés et discutés. Ainsi l’EPR correspond-il, en l’état actuel du parc nucléaire français, à un vrai besoin ? En outre, ce choix obère une partie des crédits dédiés à la recherche sur le traitement des déchets, sur les installations de la quatrième génération et sur les énergies renouvelables. On voit que c’est l’ensemble des enjeux énergétiques et des options qui devra être remis à plat.

Cette remise à plat devra se faire dans la transparence. Je m’engage à mettre fin à l’opacité qui entoure aujourd’hui le secteur nucléaire en France. Toutes les décisions relatives au nucléaire feront l’objet d’un vaste débat public alimenté par des études scientifiques incontestables. Le contrôle de ce secteur devra également être rendu plus efficace et plus crédible aux yeux des citoyens.

Enfin, l’état actuel de la recherche sur le traitement des déchets radioactifs ne permet pas d’avoir de solution entièrement satisfaisante. Il est donc indispensable d’accentuer l’effort de recherche dans ce secteur. Mais l’enfouissement est certainement une solution préoccupante pour l’avenir : il ne me paraît pas possible, dans l’état actuel des connaissances et des techniques, de s’engager dans une telle voie.
Source: Réponse de l’équipe de Ségolène Royal aux mails que les particuliers envoient dans le cadre de la cyberaction proposée par le Réseau Sortir du nucléaire, avril 2007.

La photo prise par Willow Ahn lors de l'action EP-AIRE dimanche dernier, qui illustre cet article, me semble très révélatrice du choix de société que nous aurons à choisir dimanche 6 mai. Et tant pis si Nicolas Hulot pense que »faire de l’enjeu écologique un enjeu partisan, c’est obscène».