Délaissant un peu l'apprentissage de Computair (ça y est, il me faut maintenant plusieurs jours pour lui donner sa nourriture spirituelle, mais il commence enfin à parler de sujets écolos), je me suis rendu au Comité de soutien de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle. L'ambiance a bien changé depuis l'élection du nouveau président. C'est un peu moribond à vrai dire. Il reste encore quelques pilliers mais on sent bien que la croyance d'une victoire des socialistes n'est pas là.

Lorsque je suis arrivé, le débat était engagé sur une voie stérile, me semble-t-il: un social-démocrate allemand reprochait à la gauche (oui, je sais, ça m'émerve aussi quand on résume la gauche au PS) française de ne pas avoir d'idées, de vouloir perdre avec Royal, de l'autre on répétait que Royal était la seule à pouvoir rassembler.

A ce stade, je dois dire que je crois effectivement que Royal est la seule à pouvoir rassembler le PS actuel. Mais je pense que le PS est maintenant une boîte vide, déchiré par ses courrants. Royal pourra bien rassembler en surface, elle n'empêchera pas que certains - en interne - voudront sa défaite. Rassembler sans refonder ne sert à rien, et le PS doit se scinder en deux, la ligne schismatique étant le oui au référendum. Je ne vois pas en quoi il serait honteux d'avoir appelé à voter oui au TéCE, je ne vois pas pourquoi il faudrait absolument être en phase avec la société française. Regardez: l'UDF et l'UMP (comme le PS et les Verts) étaient sur le oui, pour des raisons différentes, et c'est l'UDF qui a créé la surprise en 2007, c'est le projet UMP qui a été porté à la présidence. Les nonistes, à part de la division, n'ont rien produit depuis 2005. Le PS qui se présente aux législatives doit disparaitre, se diviser en deux partis. J'ai tendance à penser que plus il y aura de députés PS, plus cette refondation sera difficile, handicapant la gauche (et c'est pour cela que ça m'intéresse et que je me permets de donner mon avis, même si vous vous en foutez peut-être).

Bref, le partisan du SPD reprochait à la gauche de ne pas avoir d'idées. J'en ai lancé quelques unes (totalement au hasard): moratoire sur les OGM, arrêt du nucléaire, arrêt des autoroutes, développement des énergies renouvellables créatrices d'emploi, création d'une organisation mondiale de l'environnement soumise à l'ONU, fin d'un G8 qui ne rend pas de comptes... Totalement au hasard. Mais, là, surprise devant le discours d'un social-démocrate français (pro-DSK) dire qu'il fallait au contraire augmenter la production nucléaire, que les éoliennes polluaient le paysage, que le sujet des OGM n'était pas important, que les panneaux photo-voltaïques au silicium polluaient (je n'ai trouvé aucune donnée sur l'article de wikipedia consacré aux panneaux solaires, pourtant le militant socialiste semblait être sincère, quelqu'un a des infos?). Quelques liens donc: à propos du nucléaire, des OGM (et Nessy profitera du week-end festif d'inauguration du fond du lac, les 16 et 17 juin, pour informer encore et toujours). Quant aux éoliennes, comme je le disais hier soir, je préfère avoir une éolienne dans mon jardin qu'un barril de déchets nucléaires dans ma cave. Ce débat sur l'esthétique me fait penser à cette vignette du tour de Gaulle par Astérix et Obélix: passant devant le pont du Gard en construction, ils disent que les Romains détruisent le paysage. Mais qui voudraient dynamiter le pont du Gard aujourd'hui? Comme dit Marc Moana à propos du champ d'éoliennes de Nessy: «Espérons que beaucoup d'autres soient installées à travers SL si cela peut permettre à certains d'accepter leur présence dans la "vraie vie".» Qui sont les prochains à en installer?

C'est de plus en plus clair, on ne fera pas d'écologie sans les écologistes (et à ceux qui me diraient que Juppé va organiser un très soiante-huitard Grenelle de l'environnement, je répondrais aussi qu'il se lave les mains de l'EPR, continue l'impasse du développement autoroutier, multiplie les surfaces d'OGM en plein champ - et je le répète les OGM ne me gêne pas lorsqu'ils sont étudiés en milieu confiné) mais, hier soir, il y avait aussi un sujet vraiment important, vraiment sérieux et mobilisateur: la France, pays gouverné par un parti dont la couleur est le bleu, en présence de Nicolas Sarkozy, s'est qualifiée pour l'Euro 2008 contre l'Ukraine, surtout connue à l'ouest de l'Europe pour sa révolution orange. Tout est politique.